Paris-Kaliningrad à vélo !
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Il était une fois un amoureux de la petite reine qui rêvait de grands horizons. Durant l’été 2009, Lionel Favier a réalisé un projet fou : relier Kaliningrad à bicyclette et en solitaire, soit 2 500 kilomètres ! Empruntant les « vélos routes » à travers l’Europe, ce Neuilléen a effectué ce périple cycliste juste pour lui. Une manière de « retrouver le sens du voyage ». Et de faire de l’histoire/géo à sa façon.
Dans son carnet de route, tout est consigné avec minutie, comme s’il avait photographié mentalement tous les détails observés sur ce long parcours. Les voies vertes le long des grands fl euves allemands, le passage devant des gardes frontières russes tatillons « le système du visa et des réservations d’avance n’a guère changé depuis l’époque de l’Union Soviétique », la traversée de Gdansk où il observe une plus grande tolérance aux vélos « les régimes communistes considéraient la voiture pour le peuple comme une promotion sociale », l’accès à Berlin et la nécessité de parcourir l’ensemble de l’agglomération berlinoise, 120 kilomètres (une bagatelle !) pour trouver un camping. « Heureux visiteurs à Paris qui ont un camping au bois de Boulogne ! ».
UN GOUT POUR L’HISTOIRE
Les amateurs de sensations fortes seraient déçus. Le récit est davantage celui d’un passionné d’histoire que d’un aventurier. L’intention pédagogique l’emporte sur l’égotisme. Qu’est-ce qui a bien pu pousser ce professeur d’allemand à se fixer comme destination, cette ville qui a été l’un des plus importants ports militaires de l’ex-URSS en mer Baltique ? « C’est un lieu de partage de l’Europe, un endroit où l’on ressent le malheur et le bonheur du continent européen. Jusqu’en 1991, Kaliningrad était zone interdite aux étrangers et les mentalités évoluent lentement », commente-t-il.
Pourquoi avoir choisi ce mode de déplacement ? « À deux-roues, on s’approprie mieux les paysages et les villes que par les moyens rapides. » À chaque étape, l’adepte du « cyclo-camping », déploie sa tente et déroule ses nombreuses cartes. D’où lui vient ce « virus du vélo » ? Tout a commencé à la fin des années 60 lorsqu’après des études au lycée Sainte - Croix, Lionel Favier dut suivre des cours à Asnières. « C’était plus pratique à vélo et je ressentais un sentiment de liberté. » Il commença à faire des voyages en France, mais le tournant eut lieu en 1989 avec un Paris-Saint-Jacques-de-Compostelle qui lui fit vraiment prendre conscience de sa passion.
Comme toute passion, elle ne fut pourtant pas sans danger. Il n’a pas oublié les moments d’épuisement, dans de mauvaises conditions météo, menacé par les voitures sur les routes à grande circulation, comme ce fut le cas en Syrie. Il sait aussi que les casses matérielles et les pépins techniques peuvent être fatals. Mais rien ne pourra plus jamais l’arrêter. « Ce qui ne tue pas rend plus fort » la devise de Nietzsche lui sied bien. Il s’est tout de même décidé à acquérir un modèle sur mesure à 27 vitesses. Car Lionel Favier nourrit d’autres projets. On n’en saura pas plus…
la ville de Neuilly | Dossier : spécial vacances | 25 juin 2010 |

