Dossier : spécial vacances

Les Neuilléens en vacances : loin des sentiers battus

« Partir, partir, on a toujours un bateau dans le cœur, un avion qui s’envole pour ailleurs ». Comme dans la chanson de Julien Clerc, « partir en vacances » est souvent synonyme d’évasion. « Certes, 65 % des Français partent en vacances, mais certains restent à la maison. La raison n’est pas seulement financière. Ceux qui circulent déjà beaucoup du fait de leur métier préfèrent parfois rester chez eux », nuance Jean-Didier Urbain, anthropologue et sémiologue, auteur de nombreux ouvrages sur les loisirs. Nous sommes partis à la rencontre des Neuilléens. Certains nous ont fait part de leurs vacances peu ordinaires. De quoi donner quelques idées.

Quelles que soient les motivations, les vacances supposent un budget. « Les réservations se font de plus en plus tardivement, comme si l’on attendait pour ajuster ses moyens au choix défi nitif d’une destination », explique-t-on au Syndicat National des Agences de Voyage (SNAV). « Les Français sont réalistes, explique Annie Fave, du site vacancespratiques.com, ils ne veulent pas simplement traquer le tarif le plus bas, quitte à sacrifier la qualité au seul bénéfice du soleil et de la mer. Non, ils veulent trouver ce fameux meilleur rapport qualité-prix cher à tous les consommateurs ».

Autre évolution : l’émiettement des vacances. « Les Parisiens partent en moyenne six fois dans l’année. Ils multiplient les courts séjours. Les grandes vacances durent en moyenne, quinze jours », observe Jean-Didier Urbain.

NE PAS BRONZER IDIOT

Les récentes études montrent une tendance aux séjours « plus qualitatifs ». On parle désormais de vacances « solidaires », « humanitaires » et même « utiles ». Le vacancier des temps modernes éprouve le besoin d’être bien dans son corps et dans sa tête. « Il s’agit-là d’une nouvelle façon de consommer son temps libre. Un mélange réussi entre le bronzage des années 80 et la curiosité bien naturelle qui anime aujourd’hui les familles », analyse Annie Fave.

Au cœur de la France sur la Nationale 7

Jean-Paul Naddeo et Marie-Sophie Chabres sont des Neuilléens passionnés de voyages qui sillonnent le monde pendant leurs vacances. Ils viennent de publier un carnet de voyages, très illustré, sur la Nationale 7. une manière de redécouvrir la france des villages par les petites routes.

C’est après un voyage aux Etats-Unis, sur la fameuse route légendaire « 66 », qu’ils décident d’écrire leur premier carnet de voyages. « Nous nous sommes dit que la France avait aussi sa route mythique et qu’il fallait lui redonner ses lettres de noblesse », affirment-ils. 1 000 km de Paris à Menton, 15 départements parcourus, 180 communes traversées, la Nationale 7 est l’épine dorsale de la France. Construite par les Romains, voie royale puis impériale, elle reste la route symbolique des vacances, véritable livre ouvert sur notre histoire et notre patrimoine.

Éternelle Nationale 7,
Éditions GRUND – 24,95 €

Enfourchant sa Harley Davidson, une « GoldWing » pour les initiés, Jean-Paul Naddeo, passionné de motos et de voitures anciennes, précise « Nous avons parcouru une quinzaine de fois la route jusqu’à Menton, à la recherche d’histoire mais aussi de tout ce que l’on y rencontre aujourd’hui en termes de légende, de patrimoine, d’entreprises, de spécificités régionales ». Et il ajoute : « je milite pour la reconnaissance de l’identité de la Nationale 7. Curieusement, ce sont les Belges et même les Américains, dont certains viennent en France rien que pour descendre la N7, qui en sont les plus ardents promoteurs ».

Pour leurs prochaines vacances hors de Neuilly ? Il projette d’autres explorations dont il préfère garder le secret… En tous les cas, à l’heure des limitations de vitesse sur les autoroutes, pourquoi ne pas sortir des sentiers battus et partir sur les traces de notre passé revisité ?

En vacances grâce à la Ville

L’offre municipale s’enrichit d’année en année pour permettre aux familles de confier, en toute tranquillité d’esprit, leurs enfants à des accueils de loisirs ou à des centres de vacances.

L’accueil des enfants durant l’été n’est pas une parenthèse mais une période à mettre à profit. « En dehors des rythmes scolaires, c’est un prolongement de notre activité dans le ludoéducatif qui laisse une place à l’imaginaire, à la créativité et aux loisirs », explique Carole Pradère, coordinatrice périscolaire.

Encadrés par des animateurs diplômés, les enfants peuvent se détendre tout en apprenant des choses essentielles pour le développement de leur personnalité. « Ces projets pédagogiques visent 3 objectifs essentiels : favoriser l’autonomie de l’enfant dans la vie quotidienne, développer sa créativité et son imaginaire et l’aider à assimiler les règles de vie sociale », indique Jeannine Baillet, directrice de l’Enfance.

MIEUX TRAVAILLER ENSEMBLE AU SERVICE DES ENFANTS

L’accueil en été est aussi une opportunité pour favoriser la coopération entre les services de la Ville. « Il s’agit d’utiliser les compétences de chacun, l’été est propice à ces partenariats », précise Carole Pradère. Et de citer en exemples la halte - garderie de Bagatelle (service Petite enfance) qui va participer à une animation proposée par l’accueil de la maternelle Charcot (service Enfance), la venue de la police municipale sur les sites pour sensibiliser à la sécurité routière et l’utilisation du centre aquatique, en liaison avec le service des Sports.

INSCRIPTIONS AUX ACTIVITES PERISCOLAIRES

Les familles ont pu inscrire leurs enfants aux activités périscolaires 2010-2011 du 14 au 25 juin en se déplaçant à la Direction de l’Enfance ou en se connectant à l’Espace Famille.

Après cette période, les inscriptions restent ouvertes dans la limite des places disponibles.

Accueils de loisirs :
• Vacances de Toussaint : inscriptions du mercredi 29 septembre au vendredi 8 octobre 2010
• Vacances de Noël : inscriptions du mercredi 24 novembre au vendredi 3 décembre 2010

Séjours de vacances d’hiver 2011 :
inscriptions du lundi 13 au vendredi 17 décembre 2010.

CENTRES DE VACANCES : IL Y EN A POUR TOUS LES GOUTS

Les jeunes Neuilléens, âgés de 4 à 17 ans, peuvent bénéficier de séjours au bord de la mer, à la montagne et à la campagne. Les plus jeunes, dès 4 ans, sont initiés à l’équitation à dos de poneys, découvrent la vie à la ferme au travers d’ateliers. 18 séjours différents sont proposés en 2010, auxquels 165 enfants participeront. « Structure bien organisée, cadre sécurisé, bonne animation : tout est fait pour que ces vacances soient merveilleuses et que les enfants en reviennent
enchantés »
, souligne Claire de Lesquen, maire adjoint à la Vie scolaire. Baptiste Renault, 12 ans
n’est pas prêt d’oublier ses deux séjours. « Ce qui m’a beaucoup plu, c’est de rencontrer des jeunes d’autres régions de France. D’ailleurs, je me suis fait des amis dès ma première colo ». Il attend avec impatience son prochain séjour « cocktail de l’extrême&nbps;». Au programme : escalades, accrobranches et… sensations fortes.

La bourse Jean Mermoz : donner des ailes aux aventuriers

Depuis une dizaine d’années, la Bourse du Voyage et de l’Aventure, rebaptisée en 2009 « Bourse Jean Mermoz » à l’initiative de Jean-Christophe Fromantin, récompense les projets des jeunes Neuilléens dans les domaines humanitaire, culturel et sportif. Un coup de pouce décisif pour ces aventuriers des temps modernes qui mettent à profit les vacances pour concrétiser leurs rêves.

Claire-Sophie Dagnan, lauréate 2010

C’est en feuilletant la Lettre du Maire que Grégoire Osoha, alors étudiant en Relations internationales, a lu par hasard un encadré concernant cette bourse. Il ne lui restait que deux semaines avant de passer devant le comité de sélection et il a dû travailler dur avant de décrocher le 1er prix lui permettant de mener à bien son projet.

« Depuis longtemps, j’avais envie de réaliser un Web documentaire sur le thème « Que savons-nous du conflit israélo-palestinien ? » fondé sur des entretiens dans les deux parties, sous la forme de galerie de portraits. Cette somme m’a permis de financer le voyage pour les recherches, la location de matériel et les coûts de fabrication ».

Sa vidéo est désormais disponible sur le site Jalal, Nir, et les autres et cette expérience l’a conforté dans sa vocation de documentariste. « Cette bourse permet de rompre avec l’image d’une ville repliée sur elle-même avec des jeunes cocoonés, souligne Pierre-Adrien Babeau, maire adjoint à la Jeunesse et aux Sports, et de montrer au contraire que Neuilly fourmille de talents et de jeunes ouverts d’esprit qui veulent aller découvrir le monde ».

« Thaïlande 2010 », « Premiers de cordée », « Projet humanitaire au Cambodge », « Artis 2010 », « Héraclès Togo 2010 » l’édition 2010 a tenu toutes ses promesses et c’est un projet très ambitieux de documentaire sur le multiculturalisme chez les artistes qui a remporté la meilleure dotation. Intitulé « Sao Paulo-Tokyo : tropismes », ce film, fondé sur des interviews d’acteurs culturels et d’historiens dans ces deux villes, pose la question « Comment un artiste fait-il face aux questions posées par l’immigration ? ».

« La bourse est utile parce qu’elle donne une légitimité au projet. La somme va me permettre de couvrir les besoins élémentaires pour mon travail, à savoir l’achat du matériel audiovisuel », explique la lauréate 2010, Claire-Sophie Dagnan, étudiante à Sciences-Po Paris. Et d’ajouter « je suis fière que ma ville manifeste son appui aux idées entreprises par des jeunes. »

« Que savons-nous du conflit israélo-palestinien ? » - Grégoire Osoha

Pas de vacances pour le cœur

Les Français veulent donner davantage de « sens » à leurs vacances. Offrir de la générosité dans leur quartier ou sur un autre continent : été peut rimer avec solidarité.

Qui n’a pas eu envie de donner de son temps en pensant à la solitude des personnes âgées ? Il y a bien sûr le coup de main ponctuel, comme proposer à sa voisine de palier de l’aider à faire des courses. Mais il y a aussi une action d’envergure, organisée chaque année par SOS 3e âge et baptisée depuis 1975 « SOS ÉTÉ ». « Avec le plan canicule, nous avons changé notre organisation puisque l’idée du numéro d’appel que nous avions mis en place a été reprise par les services publics ; mais nous continuons notre travail de mise en réseau et d’information et nous avons une permanence tout l’été avec des volontaires », explique Brigitte Dedeyan, présidente de l’association.

SOLIDARITE DANS LA VILLE

« Surtout dans une ville qui, l’été venu, se désertifie, on ressent le vide et l’on a envie d’aider », souligne Marilyn François, jeune consultante en ressources humaines. En se demandant ce qu’elle allait faire de ses longues vacances, Pauline Catteau, étudiante de 21 ans, a décidé de se rendre utile auprès de SOS 3e âge. « Il n’y a pas souvent de reconnaissance par rapport aux bénévoles, mais on a une reconnaissance personnelle et c’est le plus important. »

APPORTER SA PIERRE
A L’AUTRE BOUT DU MONDE

Pour les adeptes des causes humanitaires à l’étranger, il existe Bonne Mine, une association qui vient en aide aux orphelins bulgares. Près de 70 volontaires, de nombreux scouts vont partir cet été. « Je constate qu’ils reçoivent autant qu’ils donnent et ils sont tous désireux d’aider des enfants qui n’ont pas eu leur chance », explique Dominique Bayard, la présidente de l’association.

Retrouvez les associations de Neuilly aux Journées portes ouvertes sur le thème du bénévolat, le vendredi 8 et samedi 9 octobre.

Maison des associations, 2bis rue du Château.

Ce fut le cas d’Alix de Villaines. « Difficile au début - notamment à cause des conditions sanitaires -, dans un pays pauvre ; c’est une leçon de vie et de courage lorsqu’on voit ces enfants orphelins qui gardent tout de même espoir. Il faut rester humble, ça ne révolutionne pas sa vie, on n’y pense pas tous les matins, mais ça donne une ouverture d’esprit et permet surtout de relativiser beaucoup de choses. »

QUELQUES ASSOCIATIONS

• SOS 3ème Âge, Maison des Associations
2bis rue du Château - 92200 Neuilly-sur-Seine
Tél. : 01 47 47 43 92

• Bonne Mine, 50 avenue du Roule
92200 Neuilly-sur-Seine
Tél. : 01 47 38 14 44, fax : 01 47 38 28 39

• Mère Isabelle - Urgence humanitaire au Vietnam,
74 boulevard de la Saussaye
92200 Neuilly-sur-Seine
Tél. : 01 47 22 60 61 - 06 09 21 74 66

Urgence humanitaire au Vietnam - Mère Isabelle organise le bénévolat de Neuilléens dans des orphelinats au Vietnam. L’association a pour vocation d’agir en faveur des plus pauvres, par une aide morale, matérielle ou financière qui permet, notamment, la construction de dispensaires, d’écoles et de maisons.

« Cet été, 25 personnes de l’École Polytechnique vont y construire des maisons et nous y envoyons 20 étudiants médecins militaires », indique Maurice Benoit. Face à l’ampleur de la tâche, il n’hésite pas à lancer « un appel à volontaires en direction de la jeunesse neuilléenne pour les grandes vacances. »

Paris-Kaliningrad à vélo !

Il était une fois un amoureux de la petite reine qui rêvait de grands horizons. Durant l’été 2009, Lionel Favier a réalisé un projet fou : relier Kaliningrad à bicyclette et en solitaire, soit 2 500 kilomètres ! Empruntant les « vélos routes » à travers l’Europe, ce Neuilléen a effectué ce périple cycliste juste pour lui. Une manière de « retrouver le sens du voyage ». Et de faire de l’histoire/géo à sa façon.

Dans son carnet de route, tout est consigné avec minutie, comme s’il avait photographié mentalement tous les détails observés sur ce long parcours. Les voies vertes le long des grands fl euves allemands, le passage devant des gardes frontières russes tatillons « le système du visa et des réservations d’avance n’a guère changé depuis l’époque de l’Union Soviétique », la traversée de Gdansk où il observe une plus grande tolérance aux vélos « les régimes communistes considéraient la voiture pour le peuple comme une promotion sociale », l’accès à Berlin et la nécessité de parcourir l’ensemble de l’agglomération berlinoise, 120 kilomètres (une bagatelle !) pour trouver un camping. « Heureux visiteurs à Paris qui ont un camping au bois de Boulogne ! ».

UN GOUT POUR L’HISTOIRE

Les amateurs de sensations fortes seraient déçus. Le récit est davantage celui d’un passionné d’histoire que d’un aventurier. L’intention pédagogique l’emporte sur l’égotisme. Qu’est-ce qui a bien pu pousser ce professeur d’allemand à se fixer comme destination, cette ville qui a été l’un des plus importants ports militaires de l’ex-URSS en mer Baltique ? « C’est un lieu de partage de l’Europe, un endroit où l’on ressent le malheur et le bonheur du continent européen. Jusqu’en 1991, Kaliningrad était zone interdite aux étrangers et les mentalités évoluent lentement », commente-t-il.

Pourquoi avoir choisi ce mode de déplacement ? « À deux-roues, on s’approprie mieux les paysages et les villes que par les moyens rapides. » À chaque étape, l’adepte du « cyclo-camping », déploie sa tente et déroule ses nombreuses cartes. D’où lui vient ce « virus du vélo » ? Tout a commencé à la fin des années 60 lorsqu’après des études au lycée Sainte - Croix, Lionel Favier dut suivre des cours à Asnières. « C’était plus pratique à vélo et je ressentais un sentiment de liberté. » Il commença à faire des voyages en France, mais le tournant eut lieu en 1989 avec un Paris-Saint-Jacques-de-Compostelle qui lui fit vraiment prendre conscience de sa passion.

Comme toute passion, elle ne fut pourtant pas sans danger. Il n’a pas oublié les moments d’épuisement, dans de mauvaises conditions météo, menacé par les voitures sur les routes à grande circulation, comme ce fut le cas en Syrie. Il sait aussi que les casses matérielles et les pépins techniques peuvent être fatals. Mais rien ne pourra plus jamais l’arrêter. « Ce qui ne tue pas rend plus fort » la devise de Nietzsche lui sied bien. Il s’est tout de même décidé à acquérir un modèle sur mesure à 27 vitesses. Car Lionel Favier nourrit d’autres projets. On n’en saura pas plus…